Plusieurs articles traitant de la préhistoire à Bourron-Marlotte et des découvertes faites dans le passé ont été publiés dans les premiers numéros du Bulletin des Amis de Bourron-Marlotte.1 Il n’est sans doute pas inutile de donner une nouvelle visibilité à quelques-unes d’entre elles sur ce site.
Des pièces romaines au château
En 1850, des médailles ou pièces de monnaie romaines ont été trouvées dans le parc du château de Bourron. Le 12 janvier 1873, le marquis de Sinéty, propriétaire du château de Misy, était en possession de ces pièces et en a communiqué l’inventaire au curé Pougeois, tel qu’on peut le lire sur le manuscrit de droite. (Les pièces de monnaie trouvées au château ne nous étant pas parvenues, les photographies ci-contre n’en sont donc que des illustrations.)

Fouilles près de l’église
En 1871, des fouilles archéologiques sont effectuées à Bourron : La commune de Bourron est en ce moment le point de mire des archéologues. Ce qui les préoccupe chez nous, c’est l’existence d’un ancien cimetière découvert dans ces derniers temps. Au centre du village, les maisons sont bâties sur des tombeaux. La tradition locale ne fournit aucune donnée sur l’origine de ces sépultures. On en a découvert un très grand nombre, soit en pavant les rues, soit en creusant des caves ou des fondations de murs, soit en défonçant des terrains incultes. Avec les ossements se sont rencontrés, dans plusieurs de ces tombeaux, des objets propres à exciter au plus haut point la curiosité des hommes spéciaux dans l’étude des antiquités.2 L’abbé Pougeois nous a laissé un rapport plus précis,3 dans lequel ses opinions personnelles transpirent, encore affectées par la polémique créée quelques années auparavant par la théorie de Charles Darwin.4
Le mercredi 27 septembre 1871, une fouille archéologique est pratiquée dans la cour de la maison des Sœurs, près de la salle d’asile, sous la direction de M. Levé, membre de la Société d’Anthropologie de Paris. Cette opération amène la découverte de deux corps situés dans les conditions indiquées dans le procès-verbal, ci-contre, rédigé par M. Levé dans cette circonstance.


Le samedi 7 octobre, M. le docteur Broca, fondateur de la Société d’Anthropologie mentionnée ci-dessus, vient à Bourron visiter l’emplacement des fouilles exécutés par M. Levé, et recueillir les renseignements capables de l’éclairer sur l’opportunité de procéder à un travail plus complet. Le docteur, disciple des ineptes doctrines de Darwin, était, paraît-il, à la recherche de vieilles sépultures à l’intention de trouver dans les ossements des anciens hommes la confirmation de l’idée aussi absurde qu’anti-religieuse que l’homme descend des singes. On ne risque rien de favoriser les recherches de ces prétendus savants, sûr d’avance qu’elles tourneront à leur confusion.

Le vase de Bourron
Durant cette même période, d’autres découvertes archéologiques sont faites, en particulier par le Dr Durand.5 La plus célèbre est sans nul doute celle du Vase de Bourron.6 Il s’agit d’une bouteille sphérique à col resserré subcylindrique, de 17cm de diamètre maximum et autant de hauteur ; le diamètre à l’ouverture est de 9 cm environ. La pâte est noire et fine, l’épaisseur de 0,5 centimètre, la surface bistre-orangée. Seul le col est en partie brisé. Trois anses funiculaires à perforation horizontale ceignent la panse, un peu au-dessus de l’endroit où celle-ci atteint son plus grand diamètre. Il s’agit là d’un des types de base de la poterie rubanée connue dans le Bassin parisien.7
La culture rubanée est la culture néolithique la plus ancienne d’Europe centrale. Elle serait la principale manifestation du courant danubien, une diffusion à travers l’Europe centrale de peuples néolithiques suivant le Danube et pratiquant l’agriculture sur brûlis, qu’ils introduisent progressivement en Europe.

1 – Articles par H. Froment et J. Poignant dans les numéros 2, 3, 5, 6, 7, 8, 9, 11 et 12 du Bulletin des Amis de Bourron-Marlotte, 1977-1982.
2 – Découverte d’anciens tombeaux à Bourron par l’abbé Pougeois. L’Abeille de Fontainebleau du 13 octobre 1871.
3 – Notes historiques sur Bourron par l’abbé Pougeois.
4 – La première traduction en Français de L’Origine des espèces par Charles Darwin fut accessible en 1862.
5 – La Préhistoire dans la région de Bourron-Marlotte – Le docteur Charles Durand par Henri Froment – Bulletin des Amis de Bourron-Marlotte n°10, 1981.
6 – Nous sommes redevables à Mme D. Tuzi, chargée de développement Archéologie au Musée de Préhistoire d’Île-de-France à Nemours, qui nous a transmis la photographie du vase présent dans les collections du musée.
7 – Présence de Néolithique danubien en Beauce et dans le Gâtinais par Gérard Bailloud – Bulletin de la Société préhistorique française, 1962.