Hein Kever, improbable visiteur hollandais de Marlotte

L’annonce récente d’une vente à Amsterdam a attiré notre attention en ce qu’elle portait la mention de Marlotte et qu’il s’agissait d’un artiste, Hein Kever, dont nous n’avions pas connaissance, deux éléments qui ont suscité le besoin de mieux connaître le contexte de cette information.

Hein Kever

Jacob Simon Hendrik Kever, connu sous le diminutif de Hein est né dans une famille aisée d’Amsterdam le 19 juin 1854. C’est sa mère qui l’encourage à s’orienter vers la peinture auprès de Jozef Israels (1824-1911), un proche ami souvent considéré à son époque comme étant l’artiste hollandais le plus respecté de la seconde moitié du XIXème siècle et fondateur de la colonie artistique de Laren, à l’est d’Amsterdam. D’abord au contact de ce maître épris des préceptes de l’école de Barbizon, puis du peintre et lithographe Johan Conrad Greive (1837-1891), et enfin après une formation à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers, Kever entreprend une carrière caractérisée par une connexion intime avec la condition humaine et le paysage naturel. Il participe à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1910. Il reçoit une médaille à Munich, en 1901 et 1905, et à Paris, en 1898 et en 1900 pour l’Exposition universelle. 

Autoportrait par H. Kever, vers 1910

Sa biographie mentionne que Kever a très peu voyagé au-delà des frontières des Pays-Bas. Vers 1887, c’est d’ailleurs à proximité de la colonie artistique de Laren, parfois nommée « le Barbizon hollandais », qu’il s’installe avec sa femme. C’est là qu’il s’éteint, le 29 avril 1922. Cette communauté artistique prônait une esthétique humaniste qui délaissait la grandiosité de la peinture historique au profit du sincère, de l’humble et du quotidien. L’essence véritable de l’art de Kever réside dans sa capacité à transformer le banal en monumental. Il était un maître de la scène de genre, possédant une sensibilité rare pour capturer la dignité tranquille des intérieurs paysans et de la vie de ferme. Ses premières œuvres reflétaient souvent l’influence de l’Impressionnisme, utilisant des coups de pinceau lâches pour saisir les conditions atmosphériques éphémères du paysage néerlandais. Cependant, à mesure que sa confiance grandissait, la luminosité de sa palette s’intensifiait également. Les tons sourds et terreux qui caractérisaient sa période initiale cédèrent progressivement la place à un usage plus vibrant et assuré de la lumière, imprégnant ses toiles tardives d’une chaleur et d’une vitalité nouvelles.1

Au verger de H. Kever, vers 1900

Sa biographie mentionne que Kever a très peu voyagé au-delà des frontières des Pays-Bas. Vers 1887, c’est d’ailleurs à proximité de la colonie artistique de Laren, parfois nommée « le Barbizon hollandais », qu’il s’installe avec sa femme. C’est là qu’il s’éteint, le 29 avril 1922. Cette communauté artistique prônait une esthétique humaniste qui délaissait la grandiosité de la peinture historique au profit du sincère, de l’humble et du quotidien. L’essence véritable de l’art de Kever réside dans sa capacité à transformer le banal en monumental. Il était un maître de la scène de genre, possédant une sensibilité rare pour capturer la dignité tranquille des intérieurs paysans et de la vie de ferme. Ses premières œuvres reflétaient souvent l’influence de l’Impressionnisme, utilisant des coups de pinceau lâches pour saisir les conditions atmosphériques éphémères du paysage néerlandais. Cependant, à mesure que sa confiance grandissait, la luminosité de sa palette s’intensifiait également. Les tons sourds et terreux qui caractérisaient sa période initiale cédèrent progressivement la place à un usage plus vibrant et assuré de la lumière, imprégnant ses toiles tardives d’une chaleur et d’une vitalité nouvelles.1

Kever à Marlotte

Comme nous venons de le mentionner, Hein Kever ne s’est que très rarement aventuré en dehors de son pays. Étant donné sa formation et ses intérêts stylistiques, il eut été raisonnable de penser que Barbizon ait pu être une destination privilégiée pour une de ses aventures à l’étranger, mais nous n’avons pas trouvé de preuve d’une telle visite. En fait, un seul voyage à l’étranger est documenté : Kever était à Paris en 1895, en compagnie d’un autre peintre hollandais. La raison de ce séjour semble avoir été très ciblée sur la visite du musée du Louvre et sur la rencontre de marchands de tableaux.

Il est donc surprenant de découvrir que Kever s’était déjà rendu à Marlotte en 1882, comme l’attestent deux tableaux de rues du hameau, qui avait à cette date déjà atteint une certaine notoriété auprès de la communauté artistique. L’auberge Antony était alors détruite depuis un an, mais le village avait encore gardé son caractère bucolique. Nous ignorons la raison de ce voyage dans notre village. Est-il venu rencontrer un autre peintre ? Quoi qu’il en soit, Hein Kever, principalement connu pour ses représentations de paysages et de scènes de genre champêtres, a dû être suffisamment conquis par le caractère encore authentique de Marlotte pour peindre au moins les deux tableaux reproduits ci-dessous.

Marlotte par Hein Kever, juillet 1882
Vue depuis le 44 rue Murger

Marlotte par Hein Kerver, août 1882
Vue depuis le 69 rue Murger

Nous pensons avoir identifié les deux lieux de Marlotte choisis par Hein Kever. Pour le tableau de gauche, il est vraisemblable que le peintre ait posé son chevalet entre les numéros 44 et 46 de la rue Murger, le toit sombre et pointu en arrière-plan étant l’hôtel de la Renaissance, ou du château Niedermeyer de l’époque. La scène de droite est très probablement située dans la même rue, à partir du numéro 69. Bien entendu, quelques travaux de maçonnerie ont été réalisés en 144 ans !

L’identification des lieux de ces deux tableaux, peints en 1882, souligne, s’il en était besoin, la culture continue de préservation d notre patrimoine communal au fil des années !


1 – WahooArt.com